Depuis plus d’un mois en Médoc des records de précipitations ont été enregistrés sur le bassin- versant qui collecte les eaux de surface vers Lacanau.
Plusieurs de nos adhérents du quartier du Port et de Pech Lèbre, des Hauts du lac, de La Métairie à Lacanau voient leurs terrains recouverts par les eaux pluviales et leurs habitations menacées d’inondation. Les collecteurs d’eaux usées sont saturés et débordent dans les jardins. Un pompage d’urgence rejette ces jours-ci des eaux vers le lac au niveau du port. C’est inquiétant.
La Commission Urbanisme, architecture, paysages bâtis, de l’ARLL s’est réunie le samedi 25 novembre dernier pour réfléchir à ces importants désordres. Au-delà des épisodes intenses de précipitations, les membres de la commission ont échangé sur les causes naturelles et les raisons de ces sinistres. Le travail de la commission donnera lieu à un rapport.
Il ressort des premiers constats que la crise pluviale depuis le mois d’octobre amplifie spectaculairement le fait que les contraintes naturelles du site de Lacanau-ville ont probablement été négligées par les plans d’urbanisme récents. Il apparaît que les obligations des divers maîtres d’ouvrage (lotisseurs et résidents propriétaires) à l’égard des contraintes de ce site humide n’ont pas toujours été respectées, en ignorant l’importance des aménagements historiques de drainage du village de Lacanau. Au regard du PLU, le risque inondation est jugé inexistant ou faible, puisque seul le niveau du lac est pris en compte et ses crues maîtrisées. Un plan de prévention du risque d’inondation n’existe donc pas. De plus, certaines modifications qu’il est envisagé d’apporter au PLU (surélévations et creusements notamment) visent à faciliter les nouvelles constructions et non plus uniquement à gérer la problématique de l’eau.
Il est évident que les espaces naturels humides du bourg de Lacanau, anciennement couverts de bois et de prairies, ont été fortement lotis depuis plus de vingt ans. Les défrichements ont été importants et l’artificialisation extrêmement poussée sur des sols sablonneux à très faible pente et rapidement saturés en eaux pluviales ; le sous-sol est en bonne partie imperméable et le drainage vers le lac est difficile.
C’est donc bien tout le système de drainage du sol de la « ville » historiquement hiérarchisé des fossés vers les crastes, berles, canaux et lac qui semble désorganisé : depuis la fin du 19e siècle en effet ce réseau d’écoulement de surface garantissait l’assainissement du sol du bourg de Lacanau.
Les travaux de la commission d’urbanisme se poursuivent. Nous documentons ces constats et prévoyons de faire appel à une expertise de l’aménagement des territoires humides.
Une fois achevé, le dossier pourra retenir des solutions d’aménagement possible en prenant exemple sur des réalisations en site naturel et urbanisé comparable. Il sera remis à la municipalité et nous souhaitons qu’il soit le support d’un échange sur les aménagements à apporter au PLU. Dans l’immédiat, nous recommandons à nos adhérents affectés par ces
inondations de se mettre en rapport avec les responsables des lotissements et de quartiers concernés, afin d’échanger sur ces désordres d’assainissement public et sur le respect des obligations des cahiers des charges.
L’ARLL tiendra ses adhérents informés des suites de ces démarches.
