Enquête publique sur la modification n°1 du PLU

Enquête publique sur la modification n°1 du PLU

Miaoût, la mairie de Lacanau a lancé une enquête publique qui devait s’achever le 16 septembre 2023 sur son projet de modification du plan local d’urbanisme (PLU).

Le bureau de l’ARLL a analysé ces documents très volumineux et techniques pour pouvoir
exprimer auprès du commissaire enquêteur le point de vue de notre association.

Il est apparu d’emblée que la procédure retenue par la municipalité ne respectait pas l’avis de l’autorité environnementale qui concluait à la nécessité d’une évaluation environnementale préalable. Les services de la préfecture ont également fait connaître leurs réserves.

En lançant la procédure d’enquête publique avant d’avoir reçu l’avis de l’autorité
environnementale, la municipalité s’est affranchie de cette évaluation très importante pour
mesurer les impacts du projet et de la nécessité d’une concertation préalable que notre
association a réclamée depuis de nombreux mois. Par ailleurs ce projet, dont l’élaboration a été très longue, était soumis au public en plein été, ce qui n’était pas de nature à faciliter
l’expression de nos concitoyens.

Au bout de trois semaines, la municipalité a décidé de suspendre pour 6 mois l’enquête publique dans l’attente des conclusions de l’enquête environnementale.

Cette anomalie de procédure n’est pas la seule critique qui peut être apportée au projet
présenté.

En effet, si ce projet reprend des thèmes portés par notre association depuis des
années (protection des arbres remarquables, encadrement de l’aspect extérieur des
constructions pour maîtriser la qualité urbaine et la bonne intégration des nouvelles opérations dans leur environnement, règles de construction des clôtures), il pêche par
l’imprécision des critères de décision qui ouvrent la voie à de nombreuses contestations et recèle de nombreuses contradictions :

  • Comment affirmer vouloir protéger les espaces naturels et en même temps augmenter la

    possibilité d’emprise au sol des bâtiments 30 % à 40 % en secteur Uda ;

  • ›  Les développements relatifs à l’harmonie à rechercher dans le paysage urbain, la
    juxtaposition des architectures demeurent imprécis ; seuls les types architecturaux d’autres régions sont interdits. Ces imprécisions ne faciliteront ni la prise de décision par le service de l’urbanisme, ni les choix à faire dans l’élabora6on des projets.

    Pourtant, dans l’orienta0on d’aménagement du secteur de JEANTON (LacanauVille), il existe des prescriptions précises sur la pente des toitures, l’alignement des faîtages, les
    revêtements de façade, les coloris…

    De même, les habitations légères de loisirs doivent être construites en bois, sans toiture
    terrasse et couvertes avec des tuiles de teinte claire.

     Dans d’autres secteurs, les toits doivent avoir une pente de 20 à 45 % et être couverts de
     tuile ayant l’aspect de terre cuite naturelle.

     Pour quelle raison, ce qui est possible dans ces secteurs ne pourrait l’être sur le reste de la
     commune ?

    › Comment concilier l’harmonie architecturale avec la juxtaposition d’immeubles hauts
    (hauteur possible portée à 16 mètres) alors que l’essentiel de l’habitat est constitué de
    maisons individuelles ;

› Comment justifier, à LacanauOcéan, la destruction d’un espace boisé pour en faire un « pôle d’échanges multimodal » (PEM) s’accompagnant de nombreux stationnements pour compenser la destruction des places de stationnement en front de mer ? À cet égard, l’autorité environnementale souligne que ce projet n’est pas détaillé et que le site du projet n’a fait l’objet d’aucune investigation naturaliste ;

› N’yatil pas d’autres arbres à protéger que ceux identifiés par la municipalité et marqués
sur les documents graphiques modifiés ? Les lotissements autorisés ces derniers temps ont
pour conséquences l’abattage d’un certain nombre de chênes et chênes verts, voire de pins
anciens qui contribuent grandement à la qualité paysagère. Il conviendrait que dans chaque
projet de construction, le service de l’urbanisme en lien avec le porteur de projet s’attache à
maintenir autant que possible le boisement ;

› Qu’estce qui justifie que les critères descriptifs des bâtiments d’intérêt patrimonial soient
moins précis après modification que dans l’état actuel du PLU ?

› Pourquoi la Maison du Commandant construite au Moutchic au début du XXe siècle n’est
elle pas classée d’intérêt patrimonial alors qu’elle vient d’être restaurée à grands frais ?

› Pourquoi permettre les affouillements et exhaussements de terrains pour certaines
utilisations alors qu’ils sont actuellement limités à la gestion des eaux pluviales. Il faut en
mesurer les conséquences sur les fonds voisins. Ainsi une adhérente, rue des Hauts-du-Lac,
voit sa parcelle régulièrement inondée par le ruissellement des eaux pluviales provenant des
parcelles voisines. Ces aménagements ne doivent être autorisés qu’en cohérence avec leur
environnement.

Voilà, en résumé, ce que l’ARLL souhaiterait voir modifié dans le projet qui sera présenté
après les nouvelles étapes de la procédure de modification.

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