La commune de Lacanau a pour projet la réalisation d’un pôle de d’échanges multimodal (PEM) à l’entrée de Lacanau-Océan afin de permettre aux touristes un stationnement à l’entrée de la station. Le choix de l’implantation de cet équipement est une parcelle naturelle boisée et protégée à proximité de plusieurs résidences.
Une présentation et une enquête publique est à voir sur le site :
https://www.lacanau.fr/pole-dechanges-multi-modal/
Bien que consacrée par son objet à la qualité du cadre de vie sur les bords du lac, l’Association des riverains du lac de Lacanau – l’ARLL dont les membres, souvent Canaulais, résidents secondaires et seconds fréquentent quotidiennement la station océane – tient à porter les remarques suivantes sur le PEM.
Pour l’ARLL, ce projet est avant tout un parking de report modal en tête de station qui propose un équipement de repli face à l’érosion de la plage centrale et à la décision de supprimer les parkings de front de mer. Les financements d’État pour la défense du front de mer allant de pair avec une hypothétique stratégie de repli en arrière du trait de côte. Ce projet d’équipement s’inscrit dans une moindre mesure dans le schéma des nouvelles mobilités visant la « ville du dernier kilomètre » et la rétention des voitures du tourisme littoral à la porte Est de Lacanau-Océan.
Les observations de l’ARLL, sans nier le besoin de places de stationnement sur la station et ses quartiers touristiques (commerces, restauration, locations, animations) vont tenir en 4 réserves :
› Le PEM porte atteinte à un espace naturel de forêt atlantique de pins maritimes et à ses sous-bois et aux habitats naturels d’espèces vivantes : il avait été retiré de la modification 1 du PLU pour en faciliter l’adoption. Rien ne justifie de sacrifier ici un bel espace naturel, quand la densification du tissu urbanisé de Lacanau-Océan s’intensifie fortement. Il est à noter qu’aucune compensation naturelle n’est explicitement proposée par ce projet. En outre la commune se retrouve devant la même problématique de dérogation environnementale (Natura 2000 en moins) que dans le cas du CMS au Moutchic.
› Ce grand parking va créer des nuisances évidentes pour trois quartiers résidentiels voisins : bruits diurnes et nocturnes, cadre de vie arboré détruit, pollution atmosphérique, insécurité probable en haute saison, risque d’incendie, camping sauvage… Le cadre de vie doit être davantage préservé tant au plan naturel que résidentiel.
› Sur l’équipement en lui-même, l’offre de places de stationnement est peu importante pour un coût élevé. Les finances publiques locales ne doivent pas être consacrées à la seule promotion du tourisme ; il est probable en outre qu’un tel équipement va générer des embouteillages entre le Huga et l’entrée de Lacanau-Océan, par un effet mécanique de ralentissements permanents. Le report modal touristique n’est peut-être pas probant dans ce cas de figure. Ce parking est situé à 1,3 km des plages. Les conflits de stationnement observés durant les derniers étés entre touristes et riverains des quartiers résidentiels situés près des plages, risquent d’augmenter.
› À l’évidence des localisations alternatives et d’autre schémas d’aménagement existent : plages nord, réduction des emprises en AOT « pérennes » sur la voie publique au centre de la station, valorisation des déplacements parallèles aux plages Nord et Sud par les navettes prévues par le schéma communal des mobilités. Une dispersion de sites de haute qualité environnementale (reliés par les navettes) plus qu’une forte concentration des flux de déplacement semble possible.
Pour conclure, un meilleur équilibre entre équipements touristiques, besoins d’infrastructures, préservation des milieux naturels et qualité du cadre de la vie résidentielle pourrait certainement être proposé. Enfin, des alternatives existent : parking Nord, réduction des emprises accordées aux bars et restaurants sur les voies publiques, valorisatioin du parking Sud par la mise en place des navettes prévues par la municipalité.
