LE LAC DE LACANAU : LES CONSTATS ET PROPOSITIONS DE L’ARLL

LE LAC DE LACANAU : LES CONSTATS ET PROPOSITIONS DE L’ARLL

En amont du forum du lac, organisé par la municipalité de Lacanau le 13 septembre 2024, la commission Rives et usages du lac de l’ARLL a réalisé une analyse de la situation, à la fois d’un point de vue environnemental mais aussi des usages, et a formulé des préconisations.

LES ENJEUX

Le lac de Lacanau est particulièrement apprécié pour la beauté de ses espaces naturels. Entouré de forêts de pins maritimes et de dunes, il constitue un écosystème riche et diversifié, autant sur le plan de sa végétation que de sa faune. Ses rives sont de plus en plus prisées compte tenu de la variété des activités (baignade, pêche, activités nautiques, randonnées, compétitions sportives diverses…) qui peuvent être pratiquées.

Certaines parties du lac et de ses environs sont protégées par divers dispositifs pour préserver la richesse écologique de ce lieu : Réserve biologique dirigée de l’Étang de Lacanau, Natura 2000, Espaces naturels sensibles (ENS), zones humides protégées, Gestion intégrée du littoral (GIZC).

Malgré cela, quels sont les enjeux aujourd’hui face à un afflux touristique de plus en plus important et impactant ?
Avant d’entamer toute réflexion, quelle position voulons-nous adopter ?
Une exploitation commerciale sans limite, avec toujours plus d’événements touristiques et sportifs qui suscitent encore plus de fréquentation, nécessitent des aménagements (type parkings et autres équipements, constructions, OAT …) dans de nombreux lieux au détriment de la préservation de cet espace naturel ?

Ou voulons-nous à l’inverse mettre en place des mesures concrètes et pertinentes de protection, de valorisation de ce patrimoine naturel ?

I / LA FREQUENTATION DE PLUS EN PLUS IMPORTANTE DES RIVES DU LAC ET UN TOURISME DE PLUS EN PLUS IMPACTANT : SES CONSÉQUENCES
Les rives du lac comportent des plages surveillées (Le Moutchic, La Grande Escoure) et des petites plages naturelles (Carreyre, Les Nerps, Longarisse…). Ces dernières ne sont pas surveillées pour la baignade, sont peu ou mal entretenues et mal protégées.

On observe une augmentation du manque de respect des règles de savoir-vivre : sur l’hygiène, la sécurité, le bruit, les gênes de tous ordres :
› Les déchets et déjections : mégots de cigarette, emballages divers, déjections humaines et canines, objets abandonnés…
› le stationnement sauvage des camping-cars et autres utilitaires aménagés à l’origine de nuisances (déchets, déjections…), d’insécurité (barbecues non autorisés),
› la présence de plus en plus importante de chiens errants ou non-tenus en laisse sur les rives et particulièrement dans les zones de baignade
› les vols de plus en plus nombreux : de bateaux de plaisance, d’équipements de navigation, de vélos…
En outre on a pu observer début août la difficulté qu’a eu l’hélicoptère de la sécurité civile à se poser au Moutchic alors qu’il venait en aide à une personne en détresse maximale : sa zone d’atterrissage était occupée par des touristes qui ne se sont déplacés que lentement, de mauvaise grâce. Sans doute le balisage est-il insuffisant de même que la surveillance par les nageurs sauveteurs tout proches.

PROPOSITIONS : une réflexion est à mener et des mesures à prendre pour faire respecter la règlementation en vigueur et la préservation de l’environnement et du cadre de vie autour du lac.
Le constat est : un manque d’information/d’affichage, un manque de surveillance et de verbalisation des incivilités sur les rives du lac.

PRÉCONISATIONS : dédier une brigade de policiers municipaux en périodes de haute fréquentation, par exemple, une police montée à cheval ou en VTT pour faire respecter les règles en vigueur sur la sécurité et le bien-vivre ensemble.

II / LA DÉGRADATION DES RIVES DU LAC

Les rives du lac sont menacées par plusieurs facteurs :
› la sur-fréquentation en période estivale évoquée ci-dessus
› eutrophisation des berges avec la multiplication des vergnes et des aulnes glutineux
› le passage dévastateur de véhicules motorisés : VTT électriques à grosses roues, quad, motos… qui dégradent les rives et provoquent des ornières, des effondrements de berges
› le manque d’entretien.
On constate également un usage de plus en plus fréquent du canal dont les berges, près de l’entrée, s’effondrent sous le passage des pratiquants de paddle ou de canoës qui coupent au plus court pour éviter de faire le détour par l’entrée et pour certains « rentabiliser » leur location.
À la ville, autour du port et de la promenade de Pèch Lèbre, la fréquentation des rives s’accroit fortement. C’est un lieu fréquenté par les canaulais mais aussi, le week-end, par des personnes de plus en plus nombreuses venant de la métropole qui évitent ainsi les encombrements de l’Océan. Le linéaire est important, plus que celui de la Grande Escoure, et il n’y a aucun dispositif de surveillance et de secours.

PROPOSITIONS / PRÉCONISATIONS :

Il est nécessaire de renforcer la surveillance des rives et leur protection :
› interdire la circulation de véhicules motorisés sur les rives, définir des itinéraires balisés
› planifier un entretien régulier (nettoyage, débroussaillage) avec des engins adaptés. Les engins actuels créent de profondes ornières
› organiser une journée citoyenne d’entretien par quartier en septembre
› actions de sensibilisation, information à délivrer par les loueurs et les vendeurs de vélos, de paddles, de canoës
› réflexions spécifiques à conduire sur les plages de Pèch Lèbre, leur devenir et leurs équipements.

III / LES PLANTES INVASIVES

Egeria, Lagarosiphon, Jussie et aux portes du lac, la Myriophylle du Brésil, sont les principales menaces sur l’écosystème du lac.
L’ARLL organise une campagne d’arrachage des plantes invasives fin juin/début juillet en partenariat avec le SIAEBLVELG et l’aide de la mairie de Lacanau.
Cette année, compte tenu des événements de ce début d’été (élections, météo défavorable…) la participation de volontaires et de riverains a été particulièrement faible. Seuls les membres de l’ARLL avec l’appui du SIAEBVELG sont intervenus pour tenter d’éradiquer la Jussie particulièrement présente à Carreyre.

 

PRÉCONISATIONS : une réflexion de plus grande ampleur doit être menée en partenariat avec le SIAEBVELG et la Mairie de Lacanau pour mener à bien cette action.
Il pourrait être demandé aux « propriétaires » de pontons de nettoyer chaque année les abords de leur installation, en complément de la redevance d’occupation qu’ils versent.

IV / LA PRATIQUE DE LA NAVIGATION ET SES COROLLAIRES

Plusieurs problématiques sont relevées par les adhérents de l’ARLL :
› la multiplication des pontons qui gênent l’accès à la rive pour les propriétaires de bateaux sur corps-morts
› l’installation non organisée des corps-morts, et l’abandon d’un certain nombre d’entre eux qui devraient être enlevés à défaut de paiement de la redevance de stationnement
› l’encombrement des rives et zones de baignade par des épaves trop nombreuses : elles défigurent le paysage, empêchent l’entretien des berges
› la multiplication des annexes et bateaux à l’attache stationnant sur les berges

› l’encombrement des rives par les locations d’embarcations qui prennent de plus en plus de place au détriment des plaisanciers et des riverains (particulièrement au Moutchic)
› le non-respect de la vitesse de navigation des bateaux à moteur (bande de rive : 3 km/h ; au-delà : 10 km/h)

PROPOSITIONS / PRÉCONISATIONS

Une communication sur les règles de navigation de plaisance est à déployer pour sensibiliser les propriétaires et loueur/locataires de bateaux :
› création d’un livret du navigant rassemblant l’ensemble de la réglementation (règles de navigation, stationnement, mouillage des bateaux et annexes, corps-morts, ponton, épaves…)
› diffusion de l’information sur le portail dédié : https://lacanau-lac.portailcitoyen.eu/
› intensification du rôle de la police du lac dans la surveillance et le respect des règles de navigation (sanction des contrevenants)
> fixation d’une vitesse de déplacement plus réaliste pour les bateaux à moteur
› enlèvement annuel des épaves abandonnées par la police du lac

Des exemples de réglementation dont il faudrait s’inspirer :
› Arcachon : pendant la période hivernale, bateaux et corps-morts doivent être enlevés
› Lac d’Hourtin : à
compter du 15 novembre et jusqu’au 1er mars, tous les emplacements doivent être libres de toute embarcation en dehors du canal.

.

Cette publication a un commentaire

  1. Michelet

    Bonjour, notre maison est au moutchic, les gens extérieurs prennent le bord de rive pour un parking ou ère de camping car. Ils roulent à fond sans se préoccuper des enfants ou de la nature et du bien être des gens. Sans parler des déchets laissés sur l’herbe. Il y a aussi des vols de bateau, mon père en a fait les frais.

Laisser un commentaire